top of page

Remplir sa valise quand on aime pas son corps !

Dernière mise à jour : 25 sept. 2023

"Mes essentiels pour cet été"... C’est le genre d’article qu’il m’arrivait de lire constamment dans les magazines! Comme si j'allais y déceler enfin la solution pour passer un été parfait. Alors aujourd’hui, j’ai décidé de revisiter cette liste qui pour moi ne comprenait que des choses matériels à l’époque. L’été était la période de l’année où "le mode survie" était enclenché à son niveau maximal ! Parce qu’on le sait toutes, ne pas s’accepter est une chose, mais être en maillot de bain devant un tas d’inconnus, en est une autre, bien plus difficile.

Je pars en vacances à la fin de la semaine, et je sais à quel point cela peut devenir stressant. Ce qui est contradictoire quand on sait que les vacances ont pour but de "nous reposer ou de nous détendre"! Sauf que, pour beaucoup de personnes, ça peut vite devenir anxiogène, à cause de l’organisation, du boulot, du dépaysement ou en ce qui me concerne : mon corps…

Et pour ce dernier, j'ai créé mon kit de "vie". Oui, j'en ai marre d'être en survie sur la plage, je veux simplement profiter, m'évader & me détendre. 


1. Remplir ma valise avec amour.


J’ai toujours dit haut et fort que j’étais une fille de l’hiver, que les fortes chaleurs me mettaient mal à l’aise & que je préférais largement les gros manteaux aux petites robes légères. Et c’est encore vrai aujourd’hui, à la différence qu'aujourd'hui, je suis consciente que c’est clairement mon rapport au corps qui me dictent cette relation avec les saisons. C'est bien plus confortable de se sentir protégée & cachée derrière toutes cette couche de vêtements ! 

Mais la période estivale n'a pas dit son dernier mot & il est hors de question que je vive en apnée la moitié de l'année simplement à cause de mes complexes. Alors j'ai essayé de construire une garde robe d’été que j’aime vraiment, mais quand je dis vraiment, c'est que je me sens bien dans chacune des pièces qui composent mon dressing. Ça peut paraitre futile, mais comme dit mon amie Mathilde de @im-perfection, nous vivons dans une société habillée (cqfd). Alors feindre de l’ignorer serait une bien belle erreur. Parce que quand j'y pense, j’ai appris à m’aimer en étant d’abord habillée avant d’aimer mon reflet nue devant un miroir.

Et si j’ai pris cette décision, c’est parce que l’année de mes 19 ans en Espagne, le jour de mon anniversaire, j’ai pleuré devant ma valise. Après 2h (peut-être même plus) d'essaye, aucune tenue ne pouvait me faire oublier la douleur que j’avais de ne pas aimer mon corps à cette époque (où j'étais à l'apogée de mes TCA). J’ai terminé avec la robe d’une copine, qui soit dit en passant, était bien trop petite pour moi.

Aujourd’hui, ce que je considérais comme un détail à l’époque devient une occasion, même infime, de me redonner le sourire. L’occasion de ne plus me soucier de mon corps du tout. 

On m’a fait remarqué qu'en faisant cela, ça voulait peut-être dire que je me souciais encore bien trop du regard des autres. Oui, c'est vrai, je ne vous ai jamais menti. J'ai fait énormément de progrès en 10 ans, et j’en ai encore beaucoup à faire. J’apprends à déjouer mes propres pièges pour un jour m’en libérer complètement. Un pas à la fois.

2. M’entourer de personnes bienveillantes.

Evidemment que l’on ne va pas partir instinctivement en vacances avec des personnes que l’on déteste. Mais je me souviens de vacances, où l'une de mes anciennes amies avaient le don de dire ces quelques mots qui vous piquent, discret, mais douloureux. Même en la connaissant depuis des années, je ne me doutais pas de ce côté de sa personnalité. Oui il est difficile de s’en rendre compte à l’avance, je ne vais pas dire le contraire. Alors aujourd'hui, j'apprends à repérer les signes, les petites remarques acerbes que je peux recevoir, ces petits détails qui finalement ont eu un réel écho négatif en moi. Je n’ai pas énormément d’amis, mais c'est un choix. Je sais que je peux faire confiance à chacune des personnes qui aujourd’hui font parties intégrante de ma vie.

Dans quelques jours, je pars avec mon chéri, qui je le sais, me regarde toujours avec le regard que je devrais porter sur moi en croisant mon reflet. Si les réponses sont en nous, les autres peuvent nous aider à les trouver. Et une personne qui nous aide, nous soutient & nous accompagne dans ces moments là, est précieuse. Cette personne qui arrivera à déceler que non, nous ne sommes pas en train de faire la tête sur la plage & de gâcher les vacances, mais simplement terriblement mal à l’aise...

3. Trouver de quoi m'évader.


Et attention, quand je dis "évader", je ne dis pas "fuir". C'est important d'écouter sa relation au corps, son discours intérieur & ce qui finalement nous blesse à ce moment précis. Mais j'aime avoir quelques techniques pour m'aérer l'esprit lorsque cela m'arrive en vacances. Parce qu’il suffit d’un rien pour se concentrer sur ses complexes une fois que l'on se retrouve face à eux sur la plage. Je suis bien placée pour dire que dans ces moments là, lorsque l’on regarde autour de nous, bizarrement on ne découvre que des femmes que l'on juge parfaite ! Je me rappelle le jeu des voitures rouges que je faisais avec ma petite soeur en voiture pendant les longs trajets. Le principe est simple, être celle qui trouvera le plus de voiture rouge en un temps record. Et comme par magie, à partir de ce moment là, on se découvre une capacité hors du commun à ne voir QUE des voitures rouges. Et bien, c’est pareil avec ces femmes sur la plage. Si on souhaite au fond de nous avoir la preuve que toutes les autres femmes font un parfait 36, et bien on la trouvera forcément.


J’ai découvert la force de lire quand je ressens ce malaise (merci maman pour ce magnifique héritage). Je m’évade pendant quelques heures & je n’ai pas le temps de ruminer intérieurement. Les histoires d’Agnès Martin Lugand sont celles que je préfère en ce moment. Des histoires fortes qui mettent en avant des femmes qui parlent vrai & nous ressemblent.

J'aime aussi me concentrer pour regarder les corps des femmes qui m'entoure, mais cette fois sans mon filtre de négativité. De les regarder une à une et de me rendre compte qu’elles aussi ne sont pas parfaites (personne ne l’est). L’idée n’est clairement pas de les critiquer, au contraire ! Car quand je les regarde, je vois toujours des femmes magnifiques & rayonnantes, le tout en étant "imparfaites".

Alors pourquoi ne devrions-nous pas penser ça de nous-même ?

4. Laisser mon assiette tranquille.

Non parce que les discours « je fais attention car je me mets en maillot de bain dans une semaine », j'en ai mangé à la pelle & ça ne sert à rien du tout ! Si j'ai un souvenir bien précis de mes premières vacances avec mon chéri en Albanie, c'est que je me suis disputée avec lui pendant tout notre diner au restaurant Italien. Pas pour un problème de couple, mais simplement car je culpabilisais d'avoir mangé une pizza ! Il ne méritait pas ça & moi non plus. Je devrais me souvenir de nos fous rires, nos galères en roadtrip, des gens que nous avons rencontré, de mon anniversaire autour d'un feu sur la plage ... Pas de cette fichue pizza. J'apprends à lâcher prise pour prendre conscience qu’il n’y a pas d’écart, que je suis simplement en train de vivre.

Ma copine Marie avait une technique parfaite dans ces moments là ! Quand on parlait d'un aliment jugé culpabilisant (merci la diet culture!), elle retraçait sa sois-disante origine. Exemple : une pizza, c'est de la pâte, la pâte c'est fait avec de la farine, la farine c'est du blé, le blé pousse dans la terre & la terre est notre mère nourricière ! Honnêtement ça fait sourire, mais ça permet surtout de se rendre compte que parfois, on rumine pour pas grand chose ... 

Alors pour ces vacances, n'oublie pas non plus tes lunettes de soleils & ta crème soleil.

Mais emporte surtout ton sourire & ta joie de vivre.

Je suis clairement du genre à ne profiter des moments que si j'ai l'impression qu'ils sont uniques. Alors chaque année, je me répète : profite, c'est le seul été 2020 de toute ta vie.

Ce n'est pas triste de prendre en compte le côté éphémère de chaque moment, ça nous rappelle simplement pourquoi ils sont si beaux... 


Comentários


bottom of page