Mes vêtements parlent de mon corps.

Dernière mise à jour : 12 sept.

Aujourd'hui, on parlera ensemble de notre garde-robe. Tout simplement parce que pendant longtemps, ma garde-robe reflétait clairement la relation que je pouvais avoir avec mon corps.


Combien de fois j’ai pu entendre ce genre de phrase « pourquoi tu portes tout le temps du noir? », « pourquoi tu ne mets pas des vêtements un peu plus près du corps ?» "Pourquoi tu ne mets pas des vêtements à ta taille". Et oui, j'étais tout le temps en noir, et je continuais de porter du 44 même quand j'avais maigri.. Preuve encore une fois que dans ma tête, la perte de poids n'avait clairement pas réglé mon mal-être. Donc mes vêtements étaient ma stratégie d’adaptation favorite !


Une stratégie d'adaptation ou aussi appelé stratégie d'évitement, consiste à trouver des solutions pour apprendre à mieux-vivre ou à dissimuler ses complexes. Et les vêtements, sont une très belle stratégie, et je pense que c'est une des plus utilisées d'ailleurs ...


En premier, j’ai expérimenté ce que j’appelais le vêtement camouflage !


Je déteste mes fesses ? Parfait, je ne vais mettre que des bas noirs accompagnés d’un chemisier bien fluide et long pour masquer le tout !


Et toute ma garde-robe se construisait autour de cette exigence en particulier : masquer mes grosses fesses. Du coup, forcément, ça influe pas mal sur mon budget. Et c’est tout simple à comprendre, quand vous essayez de trouver une solution de repli qui ne va pas vous satisfaire à 100% car elle ne correspondra pas à votre désir le plus profond : bah, vous vous en lassez, et c'est tout naturel ! Alors vous achetez, encore & encore, jusqu’à trouver LE fameux vêtement qui vous rendra enfin belle aux yeux du monde, mais surtout à vos propres yeux. Et c’est clairement en vain parce que vous savez au fond de vous-même que le vêtement n’est pas le « problème».


Ensuite, j’ai beaucoup pratiqué le vêtement protecteur.


Celui qui vous donne de l’assurance en toutes circonstances, celui qui vous rassure… Vous savez quand vous êtes invitée à une soirée, mais que vous voulez être certaine d’être au top pour éviter de vous sentir mal à l’aise ou moins bien que les autres ? Je me suis souvent sentie superficielle à penser de cette manière, mais c’est juste que j’étais bien trop effrayée à l’idée d’entendre un jugement sur mon physique. Ceux que je répétais à longueur de temps étaient déjà bien suffisants à mon goût. Juste un peu de répit s’il vous plaît pendant ce genre d'événement ! Et trouver ce vêtement était primordial ! Je pouvais planifier une tenue des mois à l'avance pour être sûr de me sentir sécurisée vis-à-vis de mes complexes ..


Et pour finir, il y a eu le vêtement oublié.


Celui qu'on a acheté il y a bien longtemps, sans pouvoir aujourd’hui y rentrer ne serait-ce qu’une cuisse. Celui que l'on garde pour le « au cas où je maigrirais à nouveau un jour ». C’était un peu ce que je considérais à l'époque comme le vêtement de la honte quand je le regardais dans mon placard. Celui qui me rappelait l'échec de mes tentatives de régimes ... Vous savez, c'est le vêtement qui ne sert plus à rien, à part à vous rendre triste quand vous le croiser, mais au fond, on ne peut pas s'empêcher de le garder, au cas où.


Je vous ai présenté ma relation tumultueuse avec ma garde-robe, en gros, je vous ai présenté ma relation tumultueuse avec mon image.


La bonne nouvelle, c’est que ça aussi ça a finit par évoluer, une fois que j'ai fait le travail de fond. Travailler sur l'acceptation de mon corps m'a permis de me ré-approprier mon image, et dans un premier temps de jouer avec mes complexes plutôt que de chercher à les dissimuler constamment.


Une stratégie d'évitement, c'est un peu un cercle vicieux. Par exemple, je mettais des tee-shirts longs, mais si j'avais le malheur de voir que mon haut s'était relevé en contrôlant mon reflet dans une vitrine, alors je me reprenais la douleur de ce complexe violemment. Je me pensais protéger, & je ne l'étais plus. De la même façon, ces stratégies, liées aux vêtements, ne nous aident pas quand on se retrouve nue face à notre miroir ...


Aujourd'hui, j'ai pu apprendre à faire les deux. Le chemin vers l'acceptation de mon image, mais aussi le travail pour me ré-approprier ma garde-robe. J’ai fini par réellement apprécier me mettre en valeur et oser davantage (même si je vous l’accorde, je n’ai toujours pas tenté la minijupe en cuir rose, mais l’idée, c’est de quand même rester un minimum soi-même !).


Et puis même si vous ressentez que votre image ne vous convient pas à 100% et que le chemin vers l'acceptation est entamé, mais qu'il reste récent, bah si vous pensez sincèrement que commencer par vous sentir bien dans vos vêtements, c’est déjà faire une bonne partie du chemin dans la réappropriation de votre image, alors foncez ! On passe 80% de notre vie habillée (statistiques totalement inventées, on est complètement d’accord là-dessus), mais on y passe quand même pas mal de temps, alors ça me paraît naturel de vouloir se sentir bien dans ses vêtements !


Jouer avec les formes des vêtements, trouver ce qui nous correspond davantage en fonction de notre morphologie ou des couleurs : c’est un déclic que j’ai pu avoir après une séance il y a un an en découvrant Mathilde de chez Imperfection.fr.


J'ai appris à jouer & à mettre en valeur certaines parties de mon corps que je n'imaginais que cacher à une époque. Je sais que la couleur peut vraiment mettre en valeur ou faire rayonner une personne. Et je n’ai jamais peur de dire à une collègue « Wahou cette couleur te va super bien! ». Mais j’étais incapable de trouver ces couleurs pour moi, et Mathilde m’a aussi bien aidé là-dessus.


Pour beaucoup, les vêtements peuvent sembler superficiels, mais j’ai décidé de me dire que maintenant, ils étaient là pour sublimer & souligner mes formes, mon teint ou la couleur de mes yeux… Mais ce n’est plus l’élément qui déterminera ma beauté.


Aujourd’hui, ma garde-robe est vraiment minimaliste (bon, je n’ai pas que 3 t-shirts), mais je n’ai que des vêtements que j’aime sincèrement et que j’ai plaisir à porter.


Pour faire le ménage, j’ai disposé mes affaires sur des cintres que j’ai rangé dans un sens. Une fois que j’avais porté ce vêtement et nettoyé, au moment de le ranger à nouveau : j’ai tourné le cintre dans l’autre sens. Et au bout de 6 mois, cela m’a permis de voir clairement ce que je n’avais pas porté. J’ai alors tout mis dans un sac, sans m’attarder trop dessus pour éviter le questionnement habituel du « si jamais j'ai envie de le remettre pour une soirée sur le thème des années 80 ». Et j’ai mis l’ensemble au relais sans réfléchir, vous pouvez aussi le revendre ou le donner à des amis !


Vous pouvez également analyser votre comportement dans les magasins. Par exemple, je pouvais craquer sur un haut magnifique, mais ne pas vouloir l'acheter, car il était trop court & qu'il n'allait pas assez cacher mes fesses. Essayez d'écouter vos pensées, ça vous aidera à comprendre vos stratégies d'évitements, car vous les activez sans trop y réfléchir. Vous pouvez aussi sortir tous les vêtements de votre armoire et les questionner : pourquoi est-ce que je l'ai acheté, est-ce que c'est parce qu'il est beau, ou est-ce que c'était parce qu'il allait cacher mon ventre ? Bref, essayez de prendre conscience de votre relation au vêtement, car cela en dit long sur votre rapport au corps.


Prenez le temps de réfléchir à ce qui vous plaît vraiment, ce qui vous ressemble &, vous serez de plus en plus à l'aise avec tout ça. Vous avez le droit d'en avoir rien à faire de vos vêtements, ou tout le contraire, peu importe. C'est vous qui décidez de votre relation. Mais analyser votre rapport au vêtement ou votre garde-robe peut réellement vous éclairer. À l'époque, si vous ouvriez mon armoire, elle était complètement noire ! Aujourd'hui, il y a toujours du noir, car j'aime ça, mais la moitié est colorée avec des motifs.


Je me ré-approprie les vêtements pour ce qu'ils sont : un moyen de me sublimer, d'exprimer ma personnalité, mon envie ou tout simplement de me couvrir ! Mais ce n'est plus : une contrainte ou une stratégie pour dissimuler un corps dont je n'étais pas fière.


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Prenez soin de vous,

Pauline